Machin a dit

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Rhétoriques de guerre

Samedi 15 mars 2008 · Laisser un commentaire

“His plan, McCain will say, is to win. The Democrats’ is to surrender, he will say”

Richard Cohen

L’éditorialiste star du Wahsington Post publie ce mois ci un papier assez brillant sur la rhétorique guerrière de McCain. Tirant parti de l’amélioration de la situation en Irak, McCain rappelle qu’il était l’avocat principal de l’augmentation du contingent militaire, opposé à l’époque au déni de Bush. McCain, quoique bien souvent trop belligérant selon les standards européens, parvient à ancrer dans l’opinion américaine que si les démocrates ne parlent que de retrait et de défaite, lui propose une sortie par le haut en martelant les promesses de victoire.

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Le népotisme des pays arabes

Lundi 28 janvier 2008 · Laisser un commentaire

Shlomo Ben Ami a dit:

“As countries like Egypt, Syria, and Lybia might be indicating, hereditary succession is not an inherently reactionary move. Rather, it means opting for a controlled transition to a post-revolutionary phase”

La tribune publiée ce mois ci par Ben Ami donne une lecture particulièrement fascinante du népotisme à la mode dans les pays arabes. La Syrie a déjà inauguré le phénomène avec le passage de Hafez à Bachir El Assad, et tout indique que la Lybie et l’Egypte pourraient suivre ces traces. Traces peu estimées en Occident, où ce mode politique n’est guère du goût des défenseurs de la démocratie moderne.

Oui mais voilà!  Ben Ami souligne que ce népotisme, loin d’être une survivance primitive d’un passé tribal, pourrait bien constituer un mode politique bien plus adapté au contexte socio-politique des pays en question, que la démocratie dont les résultats s’avèrent bien souvent peu au goût des puissances occidentales.

Une pierre de plus dans le jardin des orientalistes!

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Séparation Etat /Eglise, acte I

Samedi 19 janvier 2008 · Laisser un commentaire

Nicolas Sarkozy a dit :

“Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.”

Délicat sujet que celui de la séparation entre l’état et l’église. Délicat, en fait, car le principal argument contre la position de Sarko est également son argument rhétorique le plus faible : à se cacher systématiquement derrière la sacro-sainte laïcité de 1905, on n’en vient à ne plus savoir pourquoi cette laïcité étatique est si précieuse. Gardons ce sujet au chaud, je voudrais simplement réagir à cette déclaration en détaillant un peu mon indignation.

Cette prise de position me choque en effet pour trois raisons :

1) Sarkozy semble insinuer qu’une société démocratique ne peut pas fonctionner sans religion. Je lis ça comme une remise en question de la laïcité puisqu’indirectement, le président des français est convaincu que le système démocratique est insuffisant dans sa forme actuel : un regroupement d’individus indépendants dont la cohésion n’est pas garanti par le partage d’une foi mais par la mise en commun d’idéaux politiques!
2) Pire, la phrase laisse un arrière gout de culpabilisation pour les citoyens athés. Ceux qui ne sont pas élevés au contact d’un homme de foi ont une éducation incomplète et peut être une morale défaillante. Cela suffirait-il à expliquer les troubles actuels?
3) Enfin, il me semble particulièrement maladroit de ne retenir que le curé ou le pasteur. Soit tu ne retiens que le ministre de ta foi, soit tu as la délicatesse de mentionner ceux des autres grandes religions, mais tu ne t’arrêtes pas en chemin!

Carton rouge, donc…

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Un président indépendant aux US? Ca n’a pas de prix!

Samedi 5 janvier 2008 · Laisser un commentaire

Michael Bloomberg aime répéter:

« A short, jewish, divorced billionaire doesn’t have a chance to be elected president! »

Les primaires américaines ont été lancé ce week end avec le premier caucus, en Iowa. Les regards vont être braqués pendant les trois prochains mois sur la course à la nomination pour chaque parti, d’où sortiront les candidats à la présidentielle de novembre. Pour les républicains et les démocrates du moins.

Car si je devais parier un penny sur un candidat, ce serait ni sur Obama, ni sur Hilary, encore moins sur Roomey ou Giulani, mais plutôt sur Bloomberg.

Oui, Bloomberg !! Car l’homme, mes amis, qui a inventé la télévision pour les bacs +14, cet homme là est également milliardaire et indépendant.

bloomberg.jpg Quel avantage celui lui donne-t-il dans la course à la présidence me demanderez vous ? Question purement rhétorique tant la réponse est évidente. Avec 5 milliards de dollars sur son compte courant, Bloomberg peut se permettre de dépenser un dixième de sa fortune et il sera déjà doté d’un budget quatre fois supérieur à celui de Clinton et Obama. Le problème du budget est doublement épineux : la sur-médiatisation du débat politique impose une présence de tous les instants à la télévision, dans les XX, et un confortable budget est un atout incomparable. Mais la course au fric présente également un vrai désavantage : une grande partie du temps des candidats et de ses équipes est consacrée au fund-raising, et, plus grave, une grande partie de leur intégrité se perd dans les inévitables compromissions avec les lobbyings. Car faire preuve de bon sens dans ses discours peut faire mal au budget si un donateur habituel n’entend pas ce qui lui plaît. Et la liste des sujets délicats est longue : transports en commun, sécurité sociale universelle, port d’arme, etc.

Et Bloomberg est indépendant. Pas depuis longtemps, certes, car l’homme a rendu sa carte du parti républicain en juin. Et monsieur est coutumier du fait, puisqu’il était auparavant démocrate, avant de retourner sa chemise pour mieux conquérir la mairie de New York (les républicains ont le vent en poupe à Big Apple depuis les mandats de Giulani et la menace terroriste).

Le calcul de Bloomberg est habile :

- faire campagne sous la bannière d’un grand parti, c’est nécessairement affronter 6 mois de précampagne pour obtenir la nomination officielle (primaire). C’est du temps, du budget, de l’énergie, et de l’intégrité déjà dépensée, avant même le début de la campagne

- le parti républicain est au plus mal après les mandats désastreux des néo conservateurs. Le parti prend ses distances avec Bush, mais le handicap est sérieux. Les démocrates sont mieux lotis, mais à peine ! Les élections du mid-term ont placé en 2006 une majorité libérale au Sénat, mais les avis sont très critiques sur l’action de la chambre haute depuis (lire l’éditorial de Karl Rove publié dans le Wall Street Journal).

 

Bloomberg peut attendre. Attendre de connaître ses adversaires potentiels, à l’issue des primaires. Ce qui lui laissera apprécier la marge de manœuvre pour un indépendant : elle sera plus grande placé entre John Edwards et John Mc Cain que entre Clinton et Mitt Romney.

Bloomberg peut payer. Ses campagnes victorieuses pour la mairie de New York ont été financées en grande partie sur ses deniers privés.

Bloomberg est crédible. Il a bâti son empire tout seul, et son bilan à la tête de New York reste globalement apprécié des habitants de Big Apple.

Bloomberg garde jusqu’à présent sa liberté de parole, son temps, et son énergie, il a l’incomparable privilège de pouvoir se découvrir après tout le monde.

Ira, ira pas ? Le milliardaire refuse de donner une réponse catégorique, mais multiplie les signaux contradictoires… Wait and see !

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Une définition positive du nationalisme

Jeudi 27 décembre 2007 · Laisser un commentaire

De Gaulle a dit :

«Le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres. »

Cet adage traduit en réalité un sentiment assez répandu en France. Quelques notions de philosophie politique suffisent généralement à définir le nationalisme comme la contraposée négative du patriotisme.

Définition un peu juste cependant lorsqu’on regarde le nationalisme avec une perspective plus longue que celle donnée par le Général. Un détail sémantique pour commencer : « nationalisme » ne convoie pas une signification péjorative dans le language ordinaire, simple signe que la qualification de ce terme est plus compliquée qu’il n’y paraît.

La Mère RussieEtymologiquement, le nationalisme désigne la doctrine défendant la prépondérance de l’idée de nation. Les nationalistes sont donc convaincus du bien fondé du droit de leur nation à exister, au sein des frontières sur lesquels ils s’accordent. Ce nationalisme peut certes être fondé sur de mauvais principes tels que la haine de l’étranger (et dans ce cas la nation est vu comme la réunion d’un peuple supérieur aux autres). C’est ce nationalisme, particulièrement prolifique au 20ème siècle, qui s’est accaparé le terme générique dans l’inconscient collectif occidental.

Le nationalisme peut cependant être fondé sur des valeurs essentiellement positives.

Gellner, sociologue et philosophe tchèque du 20ème siècle, définit le nationalisme d’une manière fort intéressante, en faisant dériver le fait national du fait industriel. Gellner partage la vision Kantienne de la société industrielle comme d’un monde cohérent et homogène, dans lequel tous les faits sociaux peuvent être mis en relation. Parfaitement comprise et interprétée, une telle société peut être constamment améliorée et doit être envisagée dans l’horizon du progrès. Cette constante amélioration passe nécessairement par une division précise du travail, où chacun peut se spécialiser à l’extrême pour faire progresser l’ensemble.

Pour résumer : une société industrielle doit sans cesse produire de nouvelles compétences pour continuer à avancer et ne pas perdre son équilibre « de croisière ». C’est là que Gellner fait le lien entre la nation et la société industrielle : la spécialisation indispensable à la perpétuation de la société n’est réalisable que par un système éducatif centralisé, coordonnée. La forme nationale l’a donc emporté car elle est la seule organisation politique capable de fournir le cadre d’une société industrielle !

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